Propriétés des plaies

Les propriétés de la plaie, qui sont traitées, sont : l’étiologie, la chronicité et l’apparence. L’aperçu n’est pas complet et des chevauchements sont possibles.

L’étiologie

L’étiologie, ou la cause (éventuellement la pathologie sous-jacente) de la plaie est importante. Celle-ci peut être une indication du temps qui sera nécessaire à la guérison complète.

La chronicité

La chronicité d’une plaie se rapporte à la durée nécessaire à la plaie (ou qui sera nécessaire) pour guérir. Deux conditions doivent être réunies pour classifier une plaie comme plaie chronique. La plaie existe depuis plus de 6 mois ou la plaie est apparue à la suite d’une pathologie sous-jacente qui n’a pu être corrigée immédiatement.

L’apparence

Une évaluation de l’apparence de la plaie consiste en une observation des paramètres suivants : emplacement, forme, taille (surface), volume, couleur du lit de la plaie, profondeur, liquide de la plaie, berge de la plaie et environnement de la plaie. La présence d’odeur peut également être notée.

Emplacement

L’emplacement de la plaie peut déterminer la vitesse de cicatrisation de la plaie. Une plaie au niveau d’un tissu bien ensanglanté guérit habituellement plus vite qu’une plaie qui se trouve au niveau de tissus de faible contenance sanguine. L’apport de bactéries dans l’environnement de la plaie (p. ex. l’anus) peut également influencer le processus de guérison.

Outre l’emplacement, le type de tissu affecté (p. ex. tissu de tendon, muscle, tissu conjonctif, etc.) détermine la cicatrisation des plaies.

Forme

La description de la forme de la plaie est la représentation du modèle global de la plaie. La forme est définie par la longueur et la largeur de la lésion et peut être décrite en des termes tels que circulaire, rectangulaire, linéaire, irrégulière, … .
Des changements dans ce modèle peuvent être révélateurs de l’efficacité de la cicatrisation.

Taille (surface), profondeur et volume

Afin d’être en mesure d’enregistrer la taille (surface), la profondeur et le volume d’une plaie, il faut en déterminer la longueur, la profondeur et la largeur. Il est important de déterminer la profondeur et la taille de la plaie car celles-ci peuvent être une indication de la durée de cicatrisation de la plaie. Un changement de la taille et de la profondeur de la plaie peut être révélateur quant à l’efficacité du processus de cicatrisation.

Il existe une grande variété d’instruments de mesure qui déterminent la taille (surface), la profondeur et le volume de la plaie.

Humidité de la plaie

Avec ce paramètre, la quantité, la couleur et la clarté du liquide de plaie doivent être prises en compte.

Les plaies chroniques montrent une grande différence dans la formation exsudante selon la phase de cicatrisation des plaies : exsudation faible, modérée ou forte.
Une forte exsudation peut indiquer la présence de contamination ou d’œdème. Une quantité excessive d’exsudat complique la formation d’un microclimat stable et curatif dans la plaie. Par ailleurs, elle peut entraîner une macération de la peau environnante.

Trop peu d’exsudat est également nuisible pour l’environnement de la plaie. Une plaie trop sèche empêche la croissance de nouvelles cellules des berges de la plaie. Le nouveau tissu se forme lentement et est moins stable. L’équilibre des fluides peut être maintenu par un traitement systémique ou par un traitement local (application de pansements spécifiques). Les deux visent à aborder la cause et la création d’un environnement idéal de plaie humide. La couleur et la clarté du liquide de plaie donnent également une indication du degré de contamination de la plaie.

Couleur du lit de la plaie

La classification selon la couleur (rouge, jaune, noir) est principalement recommandée par la Woundcare Consultant Society. La couleur adoptée par le lit de la plaie est le résultat de changements physiologiques et biochimiques. On distingue traditionnellement 3 couleurs : noir, jaune, rouge. Ces couleurs révèlent la gravité des lésions tissulaires.

La classification rouge-jaune-noir est un instrument utilisé pour la classification et l’observation des types de plaies chroniques et aigües. Le paramètre observé est celui de la couleur du lit de la plaie. L’instrument provient de l’industrie (‘Three Color Concept’®, Marion Laboratories lnc,) et est largement distribué.

Berges de la plaie

L’état de la berge de la plaie peut varier de normal, non fermé, miné à ramolli :

Normal : lors de la synthèse complète du tissu conjonctif, les fibroblastes se transforment en fibrocytes et myofibroblastes. Les myofibroblastes sont capables de se contracter et ramènent ainsi les berges de la plaie les unes vers les autres.

Non fermé : la plaie ne se referme pas en raison de l’absence de réépithélialisation ou de réépithélialisation ralentie. Les kératinocytes ne migrent pas vers le milieu de la plaie et la plaie ne se referme pas.

Miné : les dommages au tissu peuvent se propager davantage sous les rebords de la peau de la plaie.

Ramolli : un contact prolongé avec le liquide de la plaie peut en ramollir les berges. La peau blanchit et peut devenir ensuite érosive. La macération est observée dans les blessures sévèrement exsudantes et dans l’incontinence.

Environnement de la plaie

Il est important d’observer l’environnement de la plaie. La peau peut être normale, humide ou sèche. Le problème le plus courant dans l’environnement de la plaie est l’apparition de ramollissement ou de macération, d’hyperkératose et d’eczéma :

Macération : ceci se définit comme un ramollissement et la rupture de la peau après un contact prolongé avec l’humidité. Cette humidité peut être provoquée par la plaie elle-même, mais peut aussi provenir d’urine, de fèces ou de transpiration. En cas de plaies chroniques, le risque de macération est élevé. Le risque d’infection due à cette complication est réel.

Hyperkératose : ceci se définit comme une forte kératinisation de l’épiderme due à une humidité chronique. La kératinisation de l’épiderme réduit l’élasticité de la peau et peut entraîner des fissures et des saignements.

Eczéma : il s’agit d’une inflammation de la peau qui peut être accompagnée de rougeurs et de démangeaisons. L’inflammation peut être provoquée par une substance externe qui active le système immunitaire de la peau (p. ex. exsudat).

Odeur

L’odeur survient à la suite des déchets produits par des bactéries, par les plaies contaminées ou infectées qui contiennent un grand nombre de ces bactéries. L’apparition d’odeur est à mettre en relation avec l’exsudation de la plaie (quantité, couleur, clarté). Les plaies à forte exsudation contiennent souvent des bactéries et propagent donc une odeur plus forte que celle des plaies à exsudation faible. Quand la quantité de bactéries chute, la production de déchets baisse également et l’odeur disparaît.
Les plaies sèches sont plutôt discrètes quant au développement d’odeur.

Comme les patients se sentent souvent fortement isolés en raison de problèmes d’odeur, le traitement de l’odeur nécessite une attention particulière.